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Marie Marvingt, femme la plus extraordinaire du 20ème siècle

Le 27 novembre 2017 par Doc Seven (1 932 vues)

Marie Marvingt est une de ces personnes qui forcent le respect (comme beaucoup, beaucoup d’autres). Née en 1875 dans le Cantal, elle est à sa mort, 88 ans plus tard, détentrice de dix-sept records du monde et 33 médailles officielles, qui font d’elle la femme la plus décorée de France. La presse lui a donné beaucoup de surnoms (Marie casse-cou, l’infatigable globe-trotteuse, la reine de l’air, la fiancée du danger, la femme la plus extraordinaire du 20ème siècle…), et au regard de sa vie, tous sont pleinement mérités.

La fiancée du danger avant un vol – Wikimédia Commons

Les exploits de Marie commencent dès 1899, quand elle devient la première femme de France, et l’une des toutes premières au monde, à obtenir son permis de conduire. Car depuis toute petite, Marie Marvingt aime les sensations fortes. C’est tout naturellement donc qu’elle ne s’arrête pas aux voitures, mais passe dans les années qui suivent quatre brevets de pilotage. Ballon, dirigeable, avion, hydravion, et même hélicoptère… C’est simple : tout ce qui vole, Marie peut le piloter. Et pas qu’un peu ! Elle établit notamment le record du plus grand nombre de vols sans le moindre accident (plus de 900).
Mais si encore Marie Marvingt n’était qu’aviatrice… En plus de ses talents de pilote, Marie était également une sportive de haut-niveau, à une époque où le sport était une pratique essentiellement réservée à la gente masculine. Pourtant, Marie s’illustre dans toutes les disciplines sportives imaginables, et performe souvent beaucoup mieux que ses compères du sexe opposé. Cyclisme, alpinisme, athlétisme, tennis, ski, bobsleigh, escrime, boxe et arts martiaux divers, Marie est touche à tout, et ne connaît aucune limite.

En 1890, alors qu’elle n’a que 15 ans, Marie effectue le premier de ses nombreux exploits sportifs : elle parcourt 400km en canoë pour rallier Nancy à Coblence (Allemagne). En 1906, Marie Marvingt pétait la forme puisqu’après avoir traversé tout Paris à la nage, elle part en vélo jusqu’à Naples, au sud de l’Italie, pour aller admirer le Vésuve en éruption. En 1907, elle obtient la première place d’une compétition internationale de tirs, ce qui fait d’elle la toute première femme à recevoir les palmes de premier tireur.
1908, elle dépose sa candidature pour participer au Tour de France cycliste, mais les organisateurs refusent. Ils considèrent en effet qu’une telle épreuve n’est pas faite pour les femmes. Revancharde, Marie ne se laisse pas faire. Même si on ne veut pas d’elle, elle décide de courir quand même, en partant après les autres participants. A la fin du tour, elle prouve à la face du monde que les femmes n’ont rien à envier aux hommes, en faisant partie des 36 coureurs (sur les 110 au départ) à franchir la ligne d’arrivée.

Et tout ça n’est qu’un petit aperçu de la carrière sportive de Marie Marvingt, qui fut aussi considérée comme l’une des meilleurs alpinistes au monde. Pour te donner une petite idée, c’est tout bonnement la première femme à gravir les plus hauts sommets des Alpes. C’est à cette occasion que Marie invente la jupe-culotte pour débrider ses mouvements, une tenue encore portée de nos jours par une multitude de sportives de haut-niveau. En 1910, elle reçoit la plus haute distinction de l’académie des sports pour ses performances dans tous les sports…

Oui, Marie s’est aussi testée au saut à ski… Elle a tout fait j’te dis. – La Montagne

Bon même si on s’arrêtait là, Marie Marvingt ce serait déjà la classe ultime. Mais Marie n’était pas qu’une sportive hors-pair, c’était également une femme d’une extrême intelligence. Entre deux exploits sportifs, elle trouve ainsi le temps de passer une licence de lettres, d’apprendre sept langues, et d’obtenir un diplôme d’infirmière. Elle est d’ailleurs la première personne à entrevoir l’importance de l’aviation pour secourir les blessés, et fonde en 1910 l’aviation sanitaire. Elle planche même sur un projet d’avion ambulance avec un ami ingénieur, qui aurait dû commercialisé si l’entreprise chargée de sa fabrication n’avait pas fait faillite.

Marie Marvingt et son avion ambulance (dessin d’Emile Friant) – Wikimédia Commons

Cependant, l’Histoire va tragiquement lui permettre de tester grandeur nature ses grandes idées d’aviation sanitaire. En 1914, quand la première guerre mondiale éclate, Marie a déjà 39 ans. Cela ne l’empêche pas de se déguiser en homme pour aller sur le front, mener la guerre des tranchées et participer à de nombreuses actions militaires au sein du 42ème bataillon de chasseurs à pied. Sa réelle identité est finalement découverte, et Marie renvoyée de l’armée. Refusant d’abandonner, elle envoie de nombreuses lettres, et à force d’insistance, obtient le droit de rejoindre le 3ème régiment de chasseurs alpins dans les Dolomites italiennes. Là-bas, elle œuvre pour l’évacuation des soldats touchés, et reçoit même la croix de guerre en 1915 pour une opération de bombardement d’une caserne allemande à Metz. Elle devient, à cette occasion, la toute première femme au monde à effectuer des missions de combat aérien.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la fiancée du danger, véritable pionnière qui par son seul comportement a bouleversé toutes les conventions de son époque. Alors si encore aujourd’hui, tu rencontres quelqu’un qui pense que les femmes ne peuvent pas faire aussi bien que les hommes, raconte lui l’histoire de Marie Marvingt.

Quelques ouvrages intéressants sur le sujet : 

Marie Marvingt à l’Aventure du Sport, de Françoise Baron Boilley
– Histoires de pilotes, Tome 8 : Marie Marvingt, de Jacky Clech
– Marie Marvingt: La femme d’un siècle, de Marcel Cordier et Rosalie Maggio

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