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Les plus vieilles îles artificielles au monde !

Le 6 octobre 2017 par Doc Seven (1 204 vues)

Cuzco, lignes de Nazca, canyon de Colca, Machu Picchu… Le Pérou regorge d’endroits extraordinaires. Comme le Titicaca, ce lac grand comme la Corse situé à 3 800 mètres d’altitude, entre Pérou et Bolivie. Et l’un des plus incroyables trésors du Titicaca, ce sont les îles flottantes Uros.
Îles flottantes, pas comme le dessert bien sûr, mais bien parce que ces îles n’ont rien de naturel. Elles ont été fabriquées il y a des siècles par le peuple Uros, qui pour survivre à l’expansion guerrière des Incas, n’avait d’autre choix que d’élire domicile au beau milieu du lac. Franchement, la capacité d’adaptation humaine ne cessera jamais de m’étonner !

Une des nombreuses îles de l’archipel – Wikimedia Commons
Sur le lac Titi-chat-chat – Wikimedia Commons

Les îles sont construites en « totora », un roseau particulièrement abondant dans la baie de Puno, qui pousse au fond du lac. Aux fondations de ces îles flottantes, un mètre de racines de totora bien épaisses pour assurer leur flottabilité. Par-dessus, une couche de deux mètres de roseaux… Ce qui peut faire un peu bizarre au début, c’est que le sol n’est pas rigide, un peu mouvant, comme si tu marchais sur une moquette hyper épaisse. Pas la meilleure entrée en matière pour accorder son entière confiance à cette « technologie » ancestrale, mais on s’y fait rapidement. Ce petit chat en est un bon exemple non ?

Le plus gros hic quand tu vis sur une île flottante, ce sont les parties végétales situées au fond. Elles finissent forcément par pourrir et sont remplacées peu à peu par les parties supérieures, qu’il faut donc constamment entretenir et renouveler. Pour ne pas dériver au gré du courant, les îles sont ancrées par un ou plusieurs gros piquets plantés au fond du lac.

Aujourd’hui on compte 87 îles dans l’archipel, sur lesquelles vivent environ 2000 indiens Aymaras, qui ne peuvent rien faire pousser sur leur embarcation, mais comptent sur la pêche, et de plus en plus de tourisme pour subvenir à leurs besoins. Certaines îles sont d’ailleurs inhabitées, puisque fabriquées récemment pour faire office de « vitrine » aux touristes lors de visites programmées le temps d’une après-midi.
Les Aymaras y viennent au petit matin pour ouvrir leurs magasins artisanaux, et repartent le soir chez eux, sur une île voisine. Du coup, si t’as la chance de passer dans le coin, privilégie plutôt un séjour chez les locaux, il y a des chambres d’hôtes sur des « vraies » îles qui permettent de mieux découvrir leur train de vie si particulier.

Un bateau traditionnel des indiens Aymara – Wikimedia Commons

Déjà, le roseau est partout… Maisons, meubles et même pirogues, c’est le matériau de construction de base et les Aymaras le maîtrisent à la perfection. Souvent, ce sont les hommes qui partent à la pêche, et les femmes qui travaillent l’artisanat, pour les touristes. Les enfants eux, pour se rendre à l’école, font tous les jours 30 à 45 minutes de navigation en direction de Puno, la ville la plus proche. Ah bah c’est sûr que le bus scolaire n’est pas une option…

Les habitations typiques, tout en roseaux – Flickr

Et pourtant cela fait longtemps que l’archipel aurait pu disparaître, parallèlement au déclin des Incas, qui ne représentent plus aucune menace depuis quelques siècles déjà.
Bref, plus rien n’empêche les habitants des îles Uros de regagner la terre ferme. Sauf qu’au fil des années, un mode de vie s’est développé, une culture s’est formée, que les générations suivantes ont tenu à préserver.

Ouvrages intéressants sur le sujet : 
Treks au Pérou – Vincent Geus
Pérou : chemins perdus – Juan Manuel Castro Prieto
Pérou : sur les traces sacrées – Josée Gaudreau
– Pérou : les royaumes du soleil et de la lune – Nathalie Bondil 

Commentaires - 1 Ajouter un commentaire

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Robin
7/10/2017 à 19h21
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c'était super intéressant