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Jack, le singe qui touchait un salaire

Le 27 juin 2018 par Doc Seven (2 720 vues)

Parce que Jack l’éventreur a déjà assez fait parler de lui, il est grand temps de rendre hommage au plus sympathique Jack l’aiguilleur. Babouin Chacma de son état, ce petit singe a nettement plus rendu service à l’humanité que son homonyme… Et ceux qui me suivent depuis longtemps le savent, il ne faut jamais sous-estimer les animaux !

Jack et son collègue – TodayIFoundOut

Contrairement à ses congénères zonant dans la savane, Jack a ses quartiers dans la petite ville d’Uitenhage, en Afrique du Sud, où se joue un accident de travail dramatique un jour de 1877. L’aiguilleur de la gare, James Wide, avait l’habitude un peu fantasque de sauter d’un wagon à l’autre, ce qui lui avait valu le surnom de « Jumper ». Manque de bol, ce jour-là James rate son coup et y laisse ses deux jambes… Pas de quoi décourager notre pauvre aiguilleur, qui se fabrique lui-même ses prothèses en bois ainsi qu’un chariot pour se déplacer tant bien que mal.

C’est là que notre petit babouin surdoué entre en scène : tandis qu’il fait son marché, James tombe nez à nez avec Jack… en train de conduire un chariot à bœufs ! C’est le début d’un partenariat inédit entre l’homme et son ancêtre : l’aiguilleur estropié rachète aussitôt l’animal pour l’aider à accomplir ses fonctions. Au début de leur collaboration, le singe pousse simplement le chariot de James. Mais ce dernier remarquant les aptitudes d’apprentissage extraordinaires de l’animal, il le forme tant et si bien que Jack devient capable d’activer le bon levier en fonction du nombre de coups de sifflets de son collègue sans jamais commettre une seule erreur !

Bon d’accord ce n’était pas une gare très fréquentée mais quand même ! – Wikipédia

Manque de bol, une usagère de la ligne, remarquant que sa survie est entre les mains d’un babouin, est prise de panique (j’avoue, moi aussi je l’aurais été à sa place) et avertit illico le directeur de la gare, qui s’empresse de licencier James. Hors de question pour lui de lâcher le morceau : à défaut d’avoir des jambes, il tient à prouver que son cerveau, lui, est toujours en état de marche et obtient que les capacités de l’animal soient testées afin de prouver le bien-fondé de sa méthode de travail atypique. Jack réussit haut la main (haut la patte en l’occurrence) tous les exercices et James réintègre le staff de la gare.

Jack en pleine action – Wikimédia Common

Plus étonnant encore, le singe est cette fois officiellement employé par la compagnie et considéré comme n’importe quel salarié : il aurait reçu 20 cents par jour et une demi bouteille de bière par semaine pendant ses 9 ans d’activité. Jack devient alors une véritable célébrité locale et aujourd’hui encore, son crâne est exposé dans un musée du Cap Oriental.

Et si Jack n’était pas un singe surdoué, mais simplement un animal comme les autres à qui l’on aurait simplement permis de développer son intelligence ? Quoi qu’il en soit, Jack a parfaitement singé son collègue et nous invite à voir autrement les rapports entre l’homme et les animaux…

Commentaires - 3 Ajouter un commentaire

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sheppy
1/07/2018 à 11h13
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c'est une histoire géniale...on évoque souvent les chimpanzés capable d'apprendre a signer, mais , cette histoire se passe bien avant que les chercheurs ais décidé d'entrainer des singes, preuve, s'il en est encore besoin, que nos cousins simiesques sont trés loin d'etre stupide...
sheppy
2/07/2018 à 1h16
 Répondre
c'est une histoire géniale...on évoque souvent les chimpanzés capable d'apprendre a signer, mais , cette histoire se passe bien avant que les chercheurs ais décidé d'entrainer des singes, preuve, s'il en est encore besoin, que nos cousins simiesques sont trés loin d'etre stupide...
Thierry Koblentz
1/08/2018 à 3h48
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On peut lire dans l'article: "C’est le début d’un partenariat inédit entre l’homme et son ancêtre" ce qui sous-entend que l'homme descend du singe. A ma connaissance, l'homme et le singe ont un ancêtre commun, nous sommes cousins.