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40 ans de vie sauvage, la folle histoire des Lykov

Le 20 septembre 2017 par Doc Seven (1 541 vues)

En 1978, une équipe de géologues soviétiques, à la recherche de pétroles et de gaz naturels, survole en hélicoptère une contrée reculée de Sibérie. Tu sais, cette région de Russie couverte par la taïga, avec des températures négatives au moins six mois sur douze…

Quelque part au fin fond de la Sibérie… – Smithsonian Mag

Alors qu’ils sont dans leur hélico, les géologues remarquent une maison, et ce qui ressemble de loin à un jardin… Bizarre, quand tu sais que le premier endroit habité est à 250 kilomètres de là. En plus, ce ne sont pas les loups et les ours qui manquent dans le coin, l’idée même d’y installer son foyer semble complètement absurde.
Intrigués, les géologues décident de se poser sur une plaine à côté. Ils font alors la rencontre la plus folle de leur existence : ils font connaissance avec la famille Lykov.

Une des géologues et trois membres de la famille Lykov – Smithsonian Mag

Le père de la famille, Karp Lykov faisait partie d’une secte orthodoxe fondamentaliste, les « Old believers », une communauté qui refuse la modernité, un peu comme les Amishs aux Etats-Unis.

En 1936, victimes de persécution, Karp et sa femme ont pris la fuite avec leurs deux enfants, tandis que deux autres naîtront plus tard, coupés de toute civilisation depuis le berceau. Avec un rouet et quelques bouilloires sur le dos, la famille Lykov a cheminé pendant des kilomètres et des kilomètres, traversant plaines et forêts, avant de s’arrêter dans une vallée, pas loin d’un cours d’eau, pour y construire petit à petit leur nouveau chez-eux. Une cabane en pins, sur un sol fait d’épluchures et de coquilles de pignon… C’est dans cette installation de fortune que la famille Lykov a (sur)vécu pendant quarante ans, grâce à un régime de graines et de pommes de terre… Parfois, le fils Dimitri réussissait à capturer un peu de gibier pour combattre la famine.

La « maison » des Lykov – Smithsonian Mag

Mais les conditions très rudes de la Sibérie sauvage laissaient les Lykov constamment aux bords de la rupture. En 1961, année marquée par un hiver très difficile, la mère de la famille en arrive même à se laisser mourir pour assurer à ses enfants un peu plus de nourriture…

Malgré tout ça, après leur redécouverte en 1978, Karp et ses 4 enfants décident de rester là où ils ont bâti résidence, rassurés tout de même d’avoir renoué contact avec la civilisation. Par exemple, la famille se fait volontiers livrer certaines commodités de temps à autres, comme du sel et des couverts.

Sauf que peu de temps après le départ des géologues, trois des quatre enfants Lykov décèdent coup sur coup, de malnutrition ou de pneumonie… Et leur père les rejoindra en 1988.

Karp Lykov et sa fille, Agafia – Smithsonian Mag

Aujourd’hui, il ne reste plus qu’Agafia, la plus jeune des deux filles nées dans la nature. A 73 ans, elle est toujours seule, au beau milieu de conifères… Elle a récemment publié une lettre largement diffusée sur les réseaux sociaux, où elle fait part de sa santé déclinante, et invite quiconque voudrait l’aider à terminer sa vie comme elle l’a toujours vécue, à la rejoindre dans sa vallée reculée de Sibérie.
Et à vrai dire, je ne sais pas si depuis, quelqu’un a répondu à l’appel….

 

Ouvrages intéressants sur le sujet:
Ermites dans la taïga – Vassili Peskov (1992)
Des nouvelles d’Agafia – Vassili Peskov (2009)

Commentaires - 1 Ajouter un commentaire

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Dhennain
2/07/2018 à 18h20
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Incroyable histoire même si elle est triste a la fin ^^