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Des bijoux en cheveux ? Le musée fou de Leila !

Le 6 octobre 2017 par Doc Seven (846 vues)

Incroyable mais vrai, après l’appareil génital de ton grand-oncle, le brushing de ta grand-mère se retrouvera peut-être un jour dans un musée !
Si c’est le cas, il sera sûrement exposé dans le Hair Museum de Leila Cohoon, collectionneuse atypique d’œuvres d’art à base de cheveux humains prélevés sur des défunts… Bracelets, colliers, bagues, broches, ornements décoratifs et bijoux en tout genre, ce cabinet de curiosité un poil gore est implanté en plein Missouri depuis 1986. Le Hair Museum expose plus de 2000 pièces réalisées en mèches de cheveux humains, dont, le savais-tu, les propriétés chimiques leur permettent d’être toujours aussi reluisantes qu’à l’époque où elles ornaient le crâne d’un arrière-grand-oncle et autre parent lointain.

L’entrée du temple capillaire ! – Gallivant

Comme beaucoup d’autres musées, celui-ci est né d’un collectionneur passionné.  Pour la visite, t’inquiète, Leila Cohoon maîtrise son sujet. Coiffeuse de formation, sa passion du cheveu prend un nouveau tournant lorsqu’un beau jour de 1956, elle découvre et achète sa première pièce d’art capillaire : une sorte de couronne de fleurs, mais en cheveux bruns, dans un cadre doré. Depuis, elle n’a de cesse d’enrichir à foison sa collection de bijoux capillaires, qu’elle a même dû déplacer dans des locaux capables d’accueillir l’ensemble de ses œuvres, dont la pièce phare est une broche en cristal renfermant une mèche de cheveu qui date de 1680 !

Leila Cohoon, fière de te présenter sa collection – Atlas Obscura

Rassure-toi, ce musée est en réalité (un peu) moins flippant qu’il n’y paraît… Derrière ces œuvres d’art perchées, tu ne retrouveras pas (malheureusement ou pas, selon tes goûts) d’histoires de momies rasées, de scalps sioux ou d’indiennes monnayant leurs chevelures pour survivre. En fait, en se penchant sur le sujet, on découvre que découper la crinière de feu son bien-aimé ou autre aïeul pour en faire des objets décoratifs, ou des bijoux, est chose tout-à-fait commune depuis le Moyen Age.

Des sagas nordiques à Napoléon, il est même carrément de bon ton de porter sur soi une de ces petites reliques porte bonheur -de quoi faire sensation à ta prochaine soirée.

Mais c’est surtout en Angleterre à l’époque victorienne, grosso modo entre 1837 et 1901, que l’art capillaire connait son heure de gloire -pour le plus grand bonheur de notre chère Leila, dont la plupart des pièces datent de cette époque. Qu’on se le dise, la reine Victoria n’est pas particulièrement connue pour sa coolitude. Vivre sous son règne, c’est avant tout se plier à une morale ultra stricte et codifiée, dans laquelle les hommages rendus aux défunts, et donc nos petits bijoux de bon goût en cheveux humains, ont une place centrale. Pendant un deuil, afficher ses sentiments pour la personne disparue en portant une relique impérissable agrémentée de pierres et de dorures était la preuve d’une morale exemplaire…

Pas très engageant au premier abord, ça je te l’accorde sans problème, l’art capillaire est quand même assez bluffant vu de plus près et même plutôt touchant puisqu’il témoigne des sentiments qui unissaient des époux, une fratrie, une famille entière.

Fleurs de cheveux – Flickr

Cet incroyable savoir-faire n’a hélas laissé derrière lui aucune trace écrite qui permette de comprendre ses méthodes de confection. Pas de panique, Leila est sur le coup : elle a déjà identifié et décortiqué 35 méthodes de fabrication, dont 30 qu’elle est arrivée à reproduire elle-même. Entre le fromage et le dessert, notre capillomane s’est également payée le luxe de reconstituer des arbres généalogiques entiers à partir des seules pièces de son incroyable musée.

Très fière de ses précieux bijoux de famille, Leila est actuellement en train de consigner toutes ses découvertes dans un bouquin et d’ici là, elle n’attend que toi pour enrichir sa collection…

Commentaires - 4 Ajouter un commentaire

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t.couhailler
9/10/2017 à 21h31
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Je rêve ou c'est...dégueulasse ?!
Terrones
19/10/2017 à 16h10
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Carrément ouf ce musée, assez flippant !
sydney
28/10/2017 à 20h22
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wow ... effrayant
Blanche
31/10/2017 à 17h33
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Franchement c'est chelou très chelou : qui porte des bracelets de cheveux vraiment !! <3 biz'