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Ada Lovelace, une geek prodige au 19ème siècle

Le 31 mai 2018 par Doc Seven (1 275 vues)
Ada Lovelace peinte par Margaret Carpenter – Wikimédia Commons

Bill Gates, Steve Jobs, Tim Berners, Hewlett & Packard… Rien de neuf sous le soleil : la geekosphère, ça a toujours été un truc de mecs : aujourd’hui encore, 90% des étudiants en informatiques sont… des hommes ! Heureusement, il existe bien une exception à la règle, et pas n’importe laquelle : Ada Lovelace, considérée par ses pairs comme la première programmeuse de l’histoire.

Née en 1815, le destin de la jeune femme issue de l’élite intellectuelle anglaise est totalement atypique à une époque où son rôle était censé se limiter à celui d’une bonne épouse et d’une bonne mère, laissant la science et les choses de l’esprit aux hommes. Pourtant son père, Lord Byron – célèbre poète romantique, monument de la littérature anglaise-, ne l’entend pas de cette oreille. Car sa petite fille, qu’il surnomme « la princesse des parallélogrammes », adore les sciences, et excelle tout particulièrement en maths. Ada ne partage pas les mêmes rêves qu’on peut attendre des fillettes aristocrates de son âge à l’époque Victorienne. Elle, elle veut construire une machine volante avec un moteur à vapeur. #Ambition.
Loin de lui l’envie de brider Ada et son appétit appétit dévorant pour les sciences, son père s’assure qu’elle reçoive les meilleurs enseignements possibles en mathématiques et en sciences.

Ada Lovelace à 7 ans, peinte par le comte d’Orsay – Wikimédia Commons

Une fois mariée puis mère de 3 enfants, Ada, qui a la santé fragile, croule sous les responsabilités domestiques et manque de rater son rendez-vous avec le destin en abandonnant les maths. Heureusement, son amour des chiffres est viscéral et elle reprend la recherche avec pour tuteur Charles Babbage, un éminent scientifique dont les machines à calculer ultra complexes ont préfigurées les premiers ordinateurs : les machines analytiques de Babbage. Très vite, l’élève arrive au niveau de son maître au point qu’il ne fait à présent aucun doute que les travaux d’Ada Lovelace, s’ils ont été initiés par Babbage, ont bien été résolus par la jeune femme, qui parvient pour la première fois à programmer un algorithme fonctionnel. Son père, Lord Byron, jouait merveilleusement avec les mots… Sa fille a carrément inventé un nouveau langage pour s’exprimer, excusez du peu.

La machine analytique de Babbage, ancêtre de l’ordinateur et support des exploits d’Ada Lovelace – Wikimédia Commons

Plus encore, Ada Lovelace fait figure de visionnaire, car loin de borner cet outil au calcul pour lui-même, elle démontre déjà les incroyables applications qu’il pourrait avoir dans le quotidien : « la machine pourrait composer de manière scientifique et élaborée des morceaux de musique de n’importe quelle longueur ou degré de complexité. » Bluffant ! Heureusement, car ce n’est pas le cas de toutes les grandes femmes évoquées sur ce site, le génie visionnaire d’Ada Lovelace est aujourd’hui reconnu par ses pairs et les géants de l’informatique, parmi lesquels Microsoft, dont les certificats d’authenticité sont aujourd’hui encore frappés de l’effigie de cette incroyable femme savante…

Livres pour aller plus loin :
– Ada de Lovelace et la Programmation informatique de Jean Paul Soyer
– Who Says Women Can’t Be Computer Programmers?: The Story of Ada Lovelace (Anglais) de Tanya Lee Stone
– Ada’s Algorithm: How Lord Byron’s Daughter Ada Lovelace Launched the Digital Age (Anglais) de James Essinger
– The Thrilling Adventures of Lovelace and Babbage: The (Mostly) True Story of the First Computer (Anglais) de Sydney Padua
– Ada Lovelace: The Making of a Computer Scientist (Anglais) de Christopher Hollings, Ursula Martin, et Adrian Rice

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Irwine
30/06/2018 à 21h01
 Répondre
Hello doc, Petite répétition ici : Loin de lui l’envie de brider Ada et son appétit appétit dévorant pour les sciences
Irwine
30/06/2018 à 21h03
 Répondre
Hello doc, Petite répétition ici :Loin de lui l’envie de brider Ada et son appétit appétit dévorant pour les sciences Continue surtout